dimanche 31 mai 2009

UNE JOURNEE PARTICULIERE RESSORT EN COPIE NEUVE LE 17 JUIN !



Une Journée particulière se déroule sur une journée. L’unité de temps que Scola a choisie est historique, la visite d’Hitler à Mussolini en 1938 à Rome. Dans une ferveur hystérique, toute la population d’un bloc d’immeubles populaires est partie acclamer les leaders, ne laissant derrière elle que deux êtres victimes, pour des raisons différentes, du système social. Ettore Scola prend deux grandes stars pour les employer à contre emploi : Sophia Loren, super star, en mère de six enfants de milieu populaire et Mastroianni, le grand séducteur, en homme que les femmes laissent froid. La rencontre de ces deux êtres, esseulés au fond d’eux-mêmes, est délicate, difficile même douloureuse. Le contexte historique pèse comme une chape de béton par le biais du son ; il apporte aussi ce sentiment de ne pouvoir échapper à son destin. Film amer, Une Journée particulière rencontra néanmoins un large succès ; Ettore Scola le voulut ainsi : un film pédagogique autant qu’émotionnel.
Note :

Acteurs: Sophia Loren, Marcello Mastroianni
Voir la fiche du film et la filmographie de Ettore Scola sur le site imdb.com.

mardi 26 mai 2009

CARNET DE NOTE EN ORESTIE EN DVD !

Pasolini filme l’Afrique et c’est beau comme l’antique. Dans les années 60 et 70, le continent noir est en pleine ébullition. Libérés du joug colonial, de nombreux pays cherchent leur voie, souvent de manière violente. De l’hiver 68 à l’hiver 1969-70, le réalisateur italien Pier Paolo Pasolini se rend en Ouganda et en Tanzanie, à la recherche des décors et des visages pour un projet de film (voir extrait ci-dessus). Il souhaite transposer L’Orestie d’Eschyle dans l’Afrique d’aujourd’hui. Ou comment, du mythe grec au postcolonialisme, montrer le passage d’une société “médiévale” à la démocratie.
Carnet de notes pour une Orestie africaine n’est pas un documentaire, pas tout à fait non plus une fiction. Pasolini expérimente, mélange, s’interroge, scrute, écoute, donne à voir aussi des images terribles, d’actualité cette fois, de la guerre du Biafra. Il interroge aussi des étudiants africains sur son projet et ces derniers ne manquent pas de critiquer sa vision réductrice de l’Afrique. De tous ces matériaux nait une œuvre atypique et grandiose, où l’on voit paysages et personnages filmés dans un superbe noir et blanc. Carnets de notes sont restés longtemps dans les archives de la cinémathèque de Bologne et c’est heureux de pouvoir les voir, accompagnés de bonus passionnants. Certains passages sont irritants, en particulier les séances de répétition musicale avec un groupe de free jazz. Mais si vous vous intéressez un peu, beaucoup, passionnément à Pasolini, à l’Afrique, aux mythes grecs ou à tout cela à la fois, vous regarderez avec le plus grand bonheur cette œuvre essentielle d’un très grand cinéaste.
Hervé Joubert-Laurencin, auteur de Pasolini, portrait du poète en cinéaste, a répondu aux questions de Yagg à l’occasion de la sortie du DVD par Carlotta.
Comment Carnet de notes pour une Orestie africaine s’inscrit-il dans le travail de Pasolini sur les mythes grecs? Pasolini a adapté et en partie traduit en italien les trois grands tragédiens grecs : Eschyle, Sophocle et Euripide. Au cinéma, cela forme presque une trilogie: Œdipe roi, Médée, Carnet de notes pour une Orestie africaine. La relation la plus poussée est celle qui concerne Eschyle, puisqu’il a fourni une très belle traduction dès 1959 des trois pièces de L’Orestie. Il a aussi en quelque sorte écrit la suite de l’histoire pour le théâtre, avec Pylade, disponible en français chez Actes Sud. Il avait même écrit une autre suite, à l’âge de 20 ans, qui s’intitule Œdipe à l’aube, dont j’ai établi le texte intégral en 2005 à l’occasion de la traduction française du théâtre de jeunesse de Pasolini. Dans une autre pièce de théâtre, Bête de style, Pasolini parle, exactement sur le même sujet, de “la quatrième partie de la trilogie”. Cet impossible excursus est l’histoire de Pylade, l’ami, tenu aussi traditionnellement pour l’amant d’Oreste, donc une histoire parallèle, seconde, qui s’ajoute à l’histoire héroïque connue. En ce sens, la vision de Pylade est la version homosexuelle ou, pourrait-on dire plus pasoliniennement, la version politiquement homoérotique du mythe. Peuvent donc être considérés comme “quatrième partie de la trilogie” (comme on dit “cinquième saison”) la pièce Pylade et le film Carnets de notes pour une Orestie africaine.
Que retient Pasolini du mythe grec dans l’Afrique qu’il va filmer? La démocratie avec Euménides retombe dans la barbarie avec Eyrinies, puis le pouvoir change à nouveau, non sans intégrer la violence primitive dans les formes nouvelles, et ainsi de suite. C’est là un point essentiel que Pasolini retient des mythes grecs afin de parler de son présent, en l’occurrence, dans son film de 1968-1969, de la décolonisation africaine.
Que savait-il de l’Afrique avant de s’y rendre? La première fois, pour ainsi dire rien. Ensuite tout. Pour paraphraser son plus beau récit de voyage. Dans L’Odeur de l’Inde, il écrit : “Que possède l’Inde? Rien, Qu’est-ce qu’elle donne? Tout”. À la différence d’Alberto Moravia, qui l’y a emmené, Pasolini n’est pas un sociologue, ni un historien, ni un politique. Il est tout cela à travers son expérience personnelle, et l’expérience répétée de la singularité des hommes.
Le cinéaste prononce quelques clichés sur l’Afrique en général, sur les femmes en particulier (”qui ne pensent qu’à rire”). Était-il également conscient des limites de la transposition du mythe grec à l’Afrique? Je pense personnellement – je peux me tromper – que Pasolini est toujours hyper-conscient et hyper-lucide. Un indice dans la forme de son film, qui laisse à penser qu’il joue avec les limites de sa grossière transposition (la fin de la trilogie d’Eschyle, l’épisode du tribunal dans les Euménides = la naissance de la démocratie = l’Afrique des années 1960) est précisément qu’il reprend une des inventions du “cinéma-vérité” de Jean Rouch en montrant des rushes de son film à des spectateurs qui eux-mêmes feront partie du film, et qu’il choisit de montrer des Africains contestant son idée. Pour le cliché que vous citez, c’est vrai, il est bien là: Pasolini est un homme de son époque, pas un dieu.
Pourquoi le film proprement dit n’a-t-il jamais été réalisé et comment Pasolini a-t-il réagi? Sur ce point, on peut dire que le film au fond ne devait pas se faire, que le film existant est complet au sens où, petit à petit on comprend qu’il n’y a pas d’autre film nécessaire que celui que l’on voit. Sans doute le scénario a-t-il existé, longtemps avant la réalisation, dans le but d’être réalisé. Mais au moment où Pasolini réalise, puis monte ces Appunti per un’Oresitade africana, il ne souhaite plus réaliser un long métrage de fiction qui s’appellerait L’Orestie africaine. Un autre problème est que nous apprenons dans les documents réalisés par la cinémathèque de Bologne – et repris dans les bonus du DVD édité par Carlotta– que la RAI n’a jamais diffusé le film (existant, celui du DVD), qu’il a donc été objectivement censuré, au moins à la télévision. Mais je ne connais pas de témoignage de Pasolini sur ce point.


Carnet de notes pour une Orestie africaine, de Pier Paolo Pasolini, Carlotta, 19,99€.

Christophe Martet Yagg.com

lundi 25 mai 2009

CANNES 2009 : UN FSTIVAL TRES GAY !


Jamais le Festival de Cannes, en compétition où dans les palmarès parallèles, n'aura jamais sélectionné autant de films aux thématiques LGBT. Ou plutôt gays, car les films lesbiens (à part le très évocateur Lesbian Vampire Killer présenté au marché du film, ça va être du lourd) se font rares.
Premier film présenté en compétition, Nuits d'ivresse printanière (peu convaincant), traite ainsi de la rencontre amoureuse entre deux hommes, en Chine. Un film politique (Lou Ye, le réalisateur, est censuré par son gouvernement et le festival lui a déjà donné un coup de main), le seul vraiment engagé de la compétition officielle, puisque les autres traient du sujet sans jamais le revendiquer. Ainsi, Taking Woodstock (aussi en compétition) d'Ang Lee, sous le prétexte de parler du festival de Woodstock, dresse le portrait d'un homme qui découvre sa sexualité. Pas un film militant pour le réalisateur du Secret de Brokeback Mountain, mais un « détail » du film.
Jim Carrey, follement gay
Mais au-delà de la compétition officielle, les sélections parallèles ont aussi leur lot de films traitant du sujet. Quelques jours étaient à peine passés que sortait déjà Hump Day, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Le sujet : deux potes hétéros, deux vrais, décident de passer à l'acte après un pari idiot. Une fois la question essentielle posée (qui enfile qui ?), le film est prétexte à de nombreux gags qui révèlent une chose, l'homophobie latente de la société. Une comédie sans prétention qui, au final, ne déclame aucun vrai message. « C'est la grande évolution du festival, explique Sophie Taïeb, journaliste au magazine gay Pref Mag, l'une des rares années où le festival n'est militant de rien. Le sujet a été peu exploité. Il y a des centaines d'histoires d'amour hétéro, peu d'homo. Maintenant que les mentalités ont avancé, il n'y a plus besoin d'utiliser l'homosexualité comme un film militant : c'est simplement un élément en plus des films ». Jim Carrey, venu présenter I Love You Philip Morris, en est bien conscient. « Celui qui a pris des risques, c'était Tom Hanks à l'époque dans Philadelphia, mais aujourd'hui, ce n'est plus un problème », ajoute la journaliste. Et Jim Carrey en est bien conscient, lui qui est venu présenter son film en ne prononçant quasiment jamais une seule fois le mot « gay » . Un détail, simplement, de son histoire avant tout une histoire de passion, pourtant basée sur la rencontre de deux hommes dans une prison américaine.
Deux ultra religieux, deux hommes, qui s'embrassent à l'écran…
En lice pour la caméra d'or (meilleur premier film), Eyes Wide Open vient aussi parler d'un sujet peu traité : l'histoire d'amour entre deux juifs ultra-hortodoxes, à Jérusalem, et le regard de la communauté qui les rejette petit à petit.
« Mais finalement, c'est surtout dans les soirées qu'on peut voir l'évolution, conclut la journaliste qui vient de recevoir une invitation du directeur du festival du film catholique pour « parler du sujet ». Il y a dix ans, ici, personne ne disait qu'il était gay. Aujourd'hui, dans les soirées, la plupart des organisateurs le sont, plus personne ne se cache, c'est simplement devenu banal ». L'explication la plus logique au grand nombre de films homos à Cannes : quand la société avance, le cinéma aussi. Plus besoin de militer, il est simplement question de montrer.

mercredi 20 mai 2009

ETREINTES BRISEES : LE NOUVEL ALMODOVAR EST SUR LES ECRANS !


Très loin de son précédent Volver, Pedro Almodovar crée dans Etreintes Brisées un polar à la fois mélodramatique, comique et noir. Le réalisateur espagnol surprend à travers cet hommage au cinéma qu'il aime, à celui qu'il a façonné et aux actrices qui l'ont servi.
La duplicité, comme le fil rouge du polar échafaudé par Pedro Almodovar dans Etreintes Brisées. Elle se retrouve dans la double identité de son personnage principal, le scénariste aveugle Harry Caine. Derrière ce pseudonyme se cache Mateo Blanco, le réalisateur qui a renoncé à son véritable nom lorsqu'il a perdu la femme qu'il aimait, Magdalena, brillamment interprétée par Penélope Cruz. Elle tient également dans la double relation autour de laquelle se noue toute l'intrigue du film : le réalisateur et l'actrice, l'amante et l'amant. Magdalena vit dans l'idée qu'elle deviendra connue grâce au talent de Mateo, mais elle doit souffrir l'amour passionnel que lui porte le vieux millionnaire Ernesto Martel. Cette intrigue complexe conduit irrémédiablement à la tragédie, et Almodovar s'aventure dans un genre cinématographique qu'on ne lui connaît que trop rarement.
Difficile de ne pas voir, pourtant, la patte du réalisateur espagnol derrière chaque plan. Teintée de pop art exquis, de couleurs et de gaieté, son esthétique sert l'histoire en faisant ressortir toute sa noirceur. Tandis que Mateo Blanco réalise une comédie ressemblant trait pour trait à Femmes au bord de la crise de nerfs, le tournage voit naître une histoire d'amour vouée au pire. Derrière cette belle romance et la comédie se cache le machiavélisme d'un homme trompé prêt à tout pour se venger. Almodovar multiplie alors les références : à son propre cinéma, mais aussi à ses modèles. Des plans vertigineux à la Hitchcock, des citations explicites comme Ascenseur pour l'échafaud ou le Voyage en Italie de Roberto Rosselini. Autant de clins d'oeil qui montrent combien le réalisateur espagnol s'inspire de tous les cinémas, des thrillers américains au néo-réalisme italien, pour y ajouter sa touche profondément romantique.
Almodovar se retrouve enfin dans la performance impressionnante de Penélope Cruz. Débutant comme Magdalena, jeune secrétaire timide et triste, elle devient Lena, une actrice ambitieuse dont le regard rappelle sans s'y tromper la magnifique Audrey Hepburn. Jouant Lena pour Almodovar et Tina pour le réalisateur du film dans le film, Penélope Cruz se dédouble en femme pleureuse et rieuse, un mélange curieux de Marisa Paredes et Carmen Maura. Car Almodovar dédie ce film à ses actrices fétiches, qui apparaissent toutes ou presque dans Les Etreintes brisées. Rossy de Palma, Chus Lampreave ou Kiti Manver ne sont ici que des figurantes, mais rappellent qu'on est bien au cœur du cinéma almodovarien. Dramatique et passionné, coloré et noir, drôle et tragique à la fois. Un film hésitant entre le polar et le drame, à travers lequel Almodovar réussit à livrer son amour du cinéma. Indéniablement l'un de ses meilleurs films.

Etreintes brisées
De Pedro Almodovar
Avec Penélope Cruz, Lluis Homar, Blanca Portillo
Sortie en salles le 20 mai 2009

R.E.M. EN VUE !


On n'a plus assez de doigts pour compter les albums de REM, réguliers comme des coucous. Infatigable, la bande de Michael Stipe et Peter Buck semble vouloir offrir un héritier rapide au Accelerate de l'an passé. Buck a ainsi posé les bases embryonnaires d'une quinzaine de morceaux, avant éventuellement d'en écrire plus et de les soumettre à Stipe. Les Athéniens semblent en outre avoir déjà enrôlé Jacknife Lee, déjà au manettes d'Accelerate et producteur notamment de Bloc Party, pour enregistrer la chose finale.
"Je ne suis pas certain qu'on puisse dire qu'on a véritablement commencé à enregistrer, a ainsi expliqué Peter Buck à Pitchfork. Mais Mike Mills et moi écrivons tout le temps, et j'avais une grosse poignée de chansons sur lesquelles on bossait pendant les balances de la dernière tournée. Je voulais juste ne pas les oublier. Nous ne faisons généralement jamais de démos ; nous entrons en studio et enregistrons directement. Et là je me suis dit que j'avais pas mal d'équipement à Portland, que nous pouvions donc le faire là-bas. (...) Si j'ai 10 ou 12 chansons qui flottent dans ma tête, je ne peux pas composer plus, parce que je dois me souvenir de celles déjà écrites. (...) Et maintenant, nous avons ces 14 chansons, et je peux comprendre la direction que l'on prend, et en écrire plus."
De premiers indices ont même été lâchés quant à la direction musicale -on ne peut plus large- du prochain disque. "Il y a des choses acoustiques réellement jolies, des choses totalement noise, des choses plutôt pop."
Mais il reste une condition pour que ces chansons voient le jour sur un éventuel prochain album, que le groupe devrait enregistrer dans l'année : l'imprimatur de Stipe. "D'une certaine manière, quand nous faisons ces choses, nous les faisons pour exciter et donner de l'inspiration à Michael. Il a besoin d'entendre quelque chose qui l'inspire pour pouvoir chanter dessus."

les inrocks

mardi 19 mai 2009

UNE NUIT ENTIERE AVEC PENELOPE ?



Le 23 mai au Latina, 75004 Paris.

ETALONS DE TROIE, RALF KONIG REVIENT !


Étalons de Troie (Trojanishe Hengste, 2006) est un retour aux collections d’histoires courtes, mais cette fois-ci, en couleurs. Les éditions Glénat se sont peut-être senties coupables de ne pas avoir proposé aux lecteurs français la couleur présente pour leurs homologues allemands dans certains albums antérieurs.
Tout au long de ces 60 pages grand format, König nous propose des allers et retours entre la Grèce antique (ou plutôt, sa version de celle-ci) et l’époque moderne, laissant entendre que finalement, les choses n’ont pas tellement changé entre temps. Serait-ce parce que König fait subir les derniers outrages à nos ancêtres bien gaulés?
Nous découvrons donc une bande d’homos grecs venus admirer des lutteurs hétéros aux jeux d’Olympie, qui pensent plus à se mettre sur la gueule qu’à utiliser leurs muscles pour des activités plus agréables, une hilarante page sur une discipline oubliée des mêmes jeux, la vraie personnalité de Narcisse, et surtout, un extrait de l’un des fameux romans “historiques” de Paul (oui, celui de Conrad), où un Grec se retrouve contre son gré coincé avec tout un tas de guerriers dans le Cheval de Troie la nuit avant l’invasion – heureusement pour lui, son amant sait comment réchauffer l’atmosphère.
Les autres histoires courtes se passent à notre époque, et couvrent le champ habituel des gags de König, avec cependant une tendance à ce que l’on pourrait presque qualifier d’accents moralisateurs: que ce soit avec la rencontre entre deux homos accros à la gonflette et aux piercings avec un de leurs anciens amis qui a laissé tomber tout cela, ou avec l’interview en pleine marche homo d’un militant très politisé que regarde de travers un participant qui pense plus à faire admirer son costume coloré (costume impressionnant par ailleurs), König se transformerait-il en sage – sarcastique, tout de même?
Deux contes tous mignons complètent agréablement cet ensemble: les Trois Ours et Boucle d’Or version pédé ne suit pas les prévisions du lecteur, et il suffit de quelques cases à la rencontre imprévue entre un homo de la quarantaine (un peu frustré, habitué des saunas) et un chérubin imbibé (qui, voulant se faire pardonner, lui offre de réaliser ses vœux) pour donner une certaine gravité à une gentille comédie.
Il y a bien longtemps que Ralf König ne se contente plus de seulement faire rire ses lecteurs. Cet album, qui peut paraître mineur, apporte en tout cas un équilibre très intéressant entre la pure farce et le traitement de thèmes plus dramatiques.

François Peneaud

Étalons de Troie, de Ralf König, Glénat, 64p., 12€.

yagg.com

vendredi 15 mai 2009

QUELQUES VISUELS DU NAKED RABBIT PROJECT DU PHOTOGRAPHE SYLVAIN NORGET !






http://tnrp.blogspot.com
www.butportraiture.com

L'HISTOIRE D'UN MARIAGE, D'ANDREW SEAN GREER !


Est-ce une coïncidence si l'auteur de L'Histoire d'un mariage, Andrew Sean Greer, est aussi celui des Confessions de Max Tivoli (L'Olivier, 2005), roman dont le thème, le vieillissement à l'envers, est identique à celui de la nouvelle de Scott Fitzgerald et à celui de sa récente adaptation au cinéma, L'Etrange histoire de Benjamin Button ? Sur sa page web, Greer semble croire à la magie fortuite de la fiction et le clame haut et fort. De chance, il n'est pourtant pas question ici : la lecture de cette mièvre Histoire, roman souvent desservi par une traduction mal inspirée (« Sur sa gorge, l'anneau de promesse accrocha la lumière »…) permet même d'affirmer que de telles coïncidences n'existent pas. Car nous sommes en Amérique, où les romanciers d'une certaine école, ceux à qui on apprend à écrire dans les writing programs (Brown University, pour Greer), scriptent leurs histoires au point de les faire ressembler à ce dont elles s'inspirent et à ce à quoi elles aspirent peut-être aussi : Hollywood. « A mon avis, écrit Greer à propos de son Max Tivoli, voir le film et lire mon livre (ou la nouvelle de Fitzgerald), c'est voir comment différents artistes travaillent sur la même idée ». Dans son approche, son sujet, son traitement ou ses ficelles, L'Histoire d'un mariage ressemble donc à une rémoulade destinée à être digérée prochainement en scénario de bonne tenue : des images au style et au ton, tout y est mâché, étalé, lissé jusqu'à la description en cinémascope de la lumière illuminant le pont du Golden Gate dans la baie de San Francisco.
L'Histoire d'un mariage est le récit d'une idylle conjugale qui tourne à l'impossibilité, narrée par la voix d'une épouse modèle dans l'Amérique des années 1950. Histoire d'un couple, de son vieillissement, d'une rupture qui ne se fait pas, d'amants qui ne se retrouvent pas, d'accidents qui ne se produisent pas, de tragédies qui arrivent autrement, d'infidélités qui n'ont pas vraiment lieu. Le livre fonctionne ainsi, comme une série de faux-semblants, de chausse-trappes à répétition dont chacune culmine en feinte qui rebondit de manière inattendue au chapitre suivant. C'est aussi une « histoire de l'Amérique », argument de lecture surfait s'il en est, concentrée ici sur l'année 1953. Année où, comme le martèle l'auteur à coup de phrases essoufflées et un chouïa utilitaires, tout basculera. « Un changement se préparait et j'en faisais partie. Notre mode de vie clochait, il ne tiendrait pas. D'ici une décennie, cet endroit n'aurait plus rien de familier. Pas même moi ». 1953, année de l'exécution d'Ethel Rosenberg (l'héroïne s'identifie à la citoyenne-martyre au point de « sangloter » le jour de son exécution), de la fin de la guerre de Corée (« nous ne pouvions plus supporter la guerre ») et de cette très rebattue fin de l'innocence qui est aujourd'hui le lieu commun de la fiction narrative américaine, une tarte à la crème que chacun s'emploie désormais à balancer là où ça l'arrange à travers le spectre d'une histoire des Etats-Unis de moins en moins crédible (car cette innocence, au fond, qu'est-elle vraiment ?).
Plusieurs autres problèmes jalonnent cette fiction en costume d'époque qui se nourrit des détails kitsch et touchants des années 1950 états-uniennes. Dans ce livre plombé par les bonnes intentions, Andrew Sean Greer s'introduit certes de manière convaincante dans la peau de son héroïne, mais il faut qu'il en fasse aussi une femme « de couleur ». Aucun inconvénient à cela a priori, n'était la manière dont l'auteur dissimule cet aspect de son personnage pendant un bon quart du livre : Pearly Cook est noire, son mari aussi, mais nous n'en savons rien jusqu'à ce que la première confie au lecteur que sa couleur a une influence sur ses « choix » dans l'existence. Pourquoi tant de cachotteries ? Aucune raison valable, hormis le petit jeu intertextuel auquel Greer ne cesse de se livrer dans un livre que Gilbert Sorrentino aurait vraisemblablement classé parmi les ouvrages peuplés de « personnages en carton pâte » qu'il dénonçait volontiers… Si la confession de Pearly Cook sur les amours illicites et « hors du temps » de son mari fait par endroits preuve de justesse, Greer éprouve constamment le besoin de pousser son lecteur à tourner les pages comme si l'histoire ne se suffisait pas à elle-même. Procédé trop visible et qui possède l'étrange vertu de faire tout un plat d'un récit qui méritait au contraire d'être exploré dans son inépuisable banalité.
Les 20 dernières pages du livre sont plus captivantes, et pour cause : c'est là que le métier de Greer prend tout son sens, que son histoire intime explose en un dernier climax. Captivant, au fond, comme quelque chose d'un peu putassier qui dit sans dire ce que l'on sait déjà. De ces dernières pages, on garde d'ailleurs un sentiment de déjà-vu. On pense, sans rire, au dernier épisode de Six feet under, à cette fin qui projette en accéléré la famille Fisher vers un futur aseptisé accompagnée d'une musique synthétique ; en s'achevant de manière similaire, L'Histoire d'un mariage ressemble à ces morceaux de dramaturgie télévisée kitsch un peu forcés, à mi-chemin entre la bravoure et l'épanchement factice, mais qui, au final, se prennent bien trop au sérieux pour être honnêtes.

David Boratav

mercredi 13 mai 2009

CLARA !


Après de nombreuses tournées en Europe, Robert et Clara Schumann reviennent en 1850 à Düsseldorf, où Robert doit prendre la direction musicale de l'orchestre de la ville. Cette période, qui verra la naissance de la Troisième Symphonie dite "rhénane" (Die Rheinische), n'est pourtant pas si heureuse. Le compositeur Johannes Brahms, de quatorze ans plus jeune, entre dans la vie du couple, et ne vénère pas Clara pour ses seuls talents de pianiste. Lorsque Robert Schumann, psychiquement atteint, veut se suicider, les trois musiciens virtuoses traversent une crise difficile...
La passion de Clara Wieck pour Robert Schumann, sa liaison (platonique ?) avec Johannes Brahms constituent une des plus fameuses histoires d'amour de la musique... Cette pianiste vedette du XIXe siècle avait inspiré, à Hollywood, un biopic à l'eau de rose avec Katharine Hepburn (Song of love, de Clarence Brown, en 1947). La réalisatrice Helma Sanders-Brahms la voit comme une féministe avant l'heure : Clara (Martina Gedeck, crédible) parvient à s'imposer dans un orchestre interdit aux femmes, et tente de mener de front car­rière internationale et vie de mère de famille.Honorable, le film ne restitue que rarement l'intensité, sinon la ...Honorable, le film ne restitue que rarement l'intensité, sinon la folie, de son étrange triangle amoureux : réalisation sans saveur, malédiction des coproductions européennes dites de « prestige » (mais où est passée l'émotion abrasive de la réalisatrice d'Allemagne, mère blafarde;;; Malik Zidi (Brahms) est un peu fade et il faut du temps pour s'habituer au jeu lunatique de Pascal Greggory (Schumann). Clara convainc davantage par son utilisation de la musique (dont la sublime Symphonie rhénane) et par son approche des abîmes de la création. La dévotion d'un génie à son art y apparaît autant comme un accélérateur de vie que comme un instrument de mort.

telerama

UN FILM CHINOIS "GAY" A CANNES !


Pour tourner «Nuits d'ivresse printanière», présenté en compétition officielle au festival de Cannes, le réalisateur Lou Ye a dû braver l'interdiction de tournage dont il est l'objet en Chine. Le film pourrait même ne pas y être présenté.
Selon son dossier de presse, Nuits d'ivresse printanière, le dernier film du réalisateur chinois Lou Ye (photo ci-contre), évoque «une exaltante folie des sens, un mal dangereux qui soumet les coeurs et égare les esprits» lorsque Luo Haitao, un jeune chinois de Nankin, est chargé d'espionner la relation passionnée qu'un homme marié à une femme entretient avec un autre homme. «La situation lui échappe, note encore le dossier, car Luo Haitao et Li Jing, sa petite amie, sont aspirés dans cette relation, submergés par le tourbillon des nuits d'ivresse printanière.»

Mais, au-delà d'un synopsis qui promet un film empreint de sensualité, d'ailleurs sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes qui démarre aujourd'hui, la réalité du making of a été beaucoup plus sombre. Pour tourner son film, le réalisateur Lou Ye a en effet dû braver l'interdiction de tournage pendant cinq dont il est l'objet dans son pays depuis 2006, pour avoir présenté sans autorisation son précédent film, Palais d'été, sur les manifestations étudiantes de Tiananmen en 1989.

Aucun problème au cours du tournage...
Avec Nuits d'ivresse printanière, tourné discrètement en deux mois dans la ville de Nankin avec une petite caméra et les trois acteurs impliqués dans le trio amoureux, Lou Ye a pris un risque supplémentaire en choisissant pour thème l'homosexualité, un sujet encore largement tabou en Chine.
Chen Sicheng, l'un des acteurs du film, pense que le film sera interdit en Chine. Il reconnaît également que lui-même pourrait avoir des ennuis. Mais, dit-il, le tournage, au printemps 2008 en Chine, s'est pourtant passé sans problèmes, sans aucune interférence des autorités.
Selon Chen, travailler pour Lou, un réalisateur respecté malgré ses ennuis avec les autorités, vaut tous les risques. «C'est un pionnier et il a le courage d'aller à contre-courant", explique l'acteur de 31 ans à l'AFP.
Financé par des investisseurs français et hongkongais
Dès ses débuts, Lou Ye, aujourd'hui âgé de 44 ans, a connu la controverse. Son premier film, en 1993, avait été interdit pendant deux ans. Après Suzhou River en 2000, une histoire d'amour tragique, il n'avait pas pu travailler pendant deux ans. Seul moment de répit en 2003 avec Purple Butterfly (2003), dans lequel jouait la célèbre actrice Zhang Ziyi.
«La censure en Chine doit changer, pour le moins il faudrait se débarrasser de cette disposition permettant l'interdiction de tournage», juge Nai An, fidèle productrice de Lou Ye et persuadée que des cinéastes comme lui permettront de faire évoluer la situation. «L'industrie du film est de plus en plus commerciale, mais personne ne veut changer cela ou expérimenter», poursuit-elle.
Nuits d'ivresse printanière, troisième film de Lou Ye à concourir à Cannes pour la Palme d'or a été financé par des investisseurs français et hongkongais. Et il sera présenté en France comme une oeuvre franco-hongkongaise. Il ne dispose pas encore d'une date de sortie en France.

Avec AFP. Photos: DR.


tetu.com

mardi 12 mai 2009

POUR LES FANS DE JULIEN !


Julien Baumgartner, magnifique et nu dans Le plaisir de Chanter, d'Ilan Duran Cohen, qui va sortir en DVD début juin !

lundi 11 mai 2009

HOUELLEBECQ ET IGGY !


L'un écrit des livres et a sorti un disque. L'autre sort des disques, mais sa vie est un roman. Le prochain album d'Iggy Pop est ouvertement influencé par l'écriture de Michel Houellebecq. Depuis le temps qu'ils s'admirent, il fallait qu'ils se rencontrent. Et parlent de leurs chiens.
Il y a très exactement neuf ans, dans la semaine du 25 avril 2000, ce magazine offrait la une de son numéro 240 à Michel Houellebecq, sous le titre “Houellebecq rock-star ? ». L’écrivain (et rock-critic à l’occasion) venait d’enregistrer un album de poèmes mis en musique. Dans l’entretien, il déclarait notamment : “J’ai très bien marché aux mythes forts du rock, je ne me vois pas discuter avec Iggy Pop ou Lou Reed. J’imagine bien qu’Iggy Pop existe en vrai, mais je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’il est réel.”
Neuf ans plus tard, Michel Houellebecq et Iggy Pop se rencontrent pour la première fois dans un bar d’hôtel parisien, pour l’entretien croisé qui suit. Tout est devenu possible, grâce à La Possibilité d’une île, le dernier roman de Houellebecq. Quand l’info a commencé à circuler, on a d’abord cru à un canular : Iggy Pop (rock-star sans point d’interrogation) s’apprêtait à sortir Preliminaires, un nouvel album inspiré par La Possibilité d’une île. Plus précisément : Iggy Pop a d’abord été sollicité pour composer la musique d’un documentaire sur le tournage de La Possibilité d’une île, le film. Un an plus tôt, Iggy Pop avait lu et aimé le roman. Du coup, il a poussé l’exploration de l’île jusqu’à l’enregistrement d’un album complet. Qu’Iggy Pop ait aimé La Possibilité d’une île, c’est assez fatal : il y a quarante ans, sur la première face de son premier album avec les Stooges, il enchaînait I Wanna Be Your Dog, We Will Fall et No Fun – des formules qui sonnent aujourd’hui comme des prophéties de titres de chapitres houellebecquiens. En retour, le premier album des Stooges a profondément marqué Michel Houellebecq.
Entre l’humain las Michel Houellebecq et l’éternel rock’n’roll animal Iggy Pop, le courant est passé – même si le voltage est incertain. Ils ne se ressemblent pas, non. Mais chacun s’est retrouvé dans l’œuvre de l’autre, au bord de l’amer. Pendant que Houellebecq tournait son film sur les rivages volcaniques de Lanzarote, Iggy Pop était peut-être en face, dorant son corps d’iguane au soleil de Miami (où il vit). Deux artistes insulaires et exigeants, préoccupés par les correspondances entre l’art et la vie, le dépassement de soi, et le bonheur des chiens.
Michel, comment te sens-tu face à Iggy Pop ?
Michel Houellebecq – C’est une expérience étrange et totalement heureuse. Je prends une bière avec Iggy, il a fait cet album inspiré par mon livre… Je l’ai découvert quand j’avais 15 ans, en achetant 1969 des Stooges. A cet âge-là, les adultes, c’est un autre monde. Et s’ils sont célèbres, comme les rock-stars, on ne peut même pas imaginer de les rencontrer. C’est très étrange, mais il m’est arrivé quelque chose d’encore plus étrange. J’ai reçu un email de Nikita Mandryka, un auteur de bandes-dessinées dont je lisais les livres quand j’avais 8 ans (dessinateur de la série Le Concombre masqué). Pour moi, ce homme n’existait pas, il était quelque part, je ne sais pas où. Il m’a fallut trois emails pour que je me persuade qu’il était le vrai Mandryka. C’est un peu la même chose avec Iggy Pop.
Que représente-il pour toi ?
Un des chocs esthétiques de ma vie. Rencontrer Iggy, c’est comme si je rencontrais Baudelaire ou Dostoievski, mes découvertes de ces années-là. 1969 fut une expérience définitive. Je me souviens très bien du magasin où j’ai acheté le disque, c’était à Meaux. Je me souviens de ce moment précis, quand le type a mis le disque sur la platine et que je l’ai écouté au casque. Le plus profond, c’est la proximité que j’ai éprouvée, plus que l’admiration. Ce n’était pas 1969 mais 1973. Ce n’était pas “all across the USA” mais c’était la France. C’était “Another year for me and you, another year and nothing to do”… Je n’avais pas 21 ans mais 15 ans… C’est comme si j’avais pu écrire cette chanson. C’est ce qu’on cherche dans l’art, fondamentalement : quelque chose qui exprime notre expérience de la vie.
Une des chansons des Stooges, qui est devenu un slogan, s’appelait No Fun. T’es-tu identifié à ces deux mots ?
Oui, mais c’est difficile de parler de ces choses. Je m’identifie aussi à I Wanna Be Your Dog, j’ai des sentiments profonds pour les chiens… Je me souviens de plein de chansons, mais le premier moment est le plus important, je le garderai jusqu’à la fin de mes jours.

les Inrocks

dimanche 10 mai 2009

LITTLE ASHES FAIT LE BUZZ !

Le film qui retrace l'amour de jeunesse entre Salvador Dalí et Federico García Lorca est sorti hier dans les salles anglaises et américaines.
Little Ashes est enfin sorti hier aux Etats-Unis et en Grand-Bretagne. Avant son arrivée dans les salles, on a déjà pu voir quelques images sexy de ce film, dans lequel Robert Pattinson, le beau vampire du film Twilight, incarne l'artiste surréaliste Salvador Dalí (à droite sur l'affiche). Cette production hispano-britannique se penche sur les jeunes années du peintre, et en particulier sur la période du début des années 20 quand Dalí entretetint une liaison avec le poète Fédérico Garcia Lorca. Alors que Lorca était notoirement homosexuel, la sexualité de Dalí était plus ambiguë (il se mariera des années plus tard).
Le réalisateur Paul Morrison ne prétend pas avoir filmé une biographie fidèle, mais plutôt un portait par touches impressionnistes, voir surréalistes : «J'ai fait beaucoup de recherches, et il est clair que Dalí est Lorca ont eu une liaison. Quand on lit leurs lettres, on comprend qu'il s'est passé quelque chose. Ca a commencé par une amitié, c'est devenu plus intime, et puis c'est devenu physique et Dalí n'a pas voulu continuer.» D'ailleurs, dans le film, l'extravagant peintre espagnol est dépeint comme un être capable d'attirer les hommes comme les femmes.
Robert Pattinson a tourné ce rôle de Dali avant que la sortie du blockbuster Twilight n'ait fait de lui une star (ci-contre, une image du film). Il a eu l'occasion d'expliquer que le tournage avait été une expérience stressante : «Je n'avais jamais tourné une scène de sexe, ne serait-ce qu'avec une fille. Alors me retrouver à jouer des scènes d'amour homo... Mais au final, je me rends compte que ce sont mes scènes préférées dans le film...» On confirme, une scène où le jeune peintre et le jeune poète s'embrassent lors d'un bain de minuit est particulièrement réussie. La date de sortie française n'est pour l'instant pas confirmée, mais on peut déjà voir cet extrait sur youtube:



tetu.com

vendredi 8 mai 2009

MELODY GARDOT : UNE JAZZWOMEN A PARIS !


Ses parents l'ont appelée Melody, et elle a construit sa vie autour de ce prénom. La mystérieuse Américaine Melody Gardot, chanteuse de jazz et fan de Radiohead, vient cette semaine présenter ses chansons à la France.

"Tu t’appelles comment ? Melody. Melody comment ? Melody Gardot.” La coïncidence est troublante, les Melody résonnent. A l’âge de 19 ans, l’Américaine Melody (et c’est son vrai prénom) Gardot est renversée par une voiture alors qu’elle circule à vélo dans une rue de Philadelphie. Pas de chance, ce n’est pas la Rolls de Gainsbourg, mais un horrible 4x4 qui a grillé un feu. D’un an d’hôpital, Melody Gardot émerge le corps et la vie en miettes. Elle doit réapprendre à marcher, à parler, sa vision est altérée. Un docteur lui conseille de s’accrocher à ce qu’elle aime. Ce sera la musique. Avant son accident, adolescente, Melody Gardot écoutait Blur et Nirvana, et elle jouait parfois du piano dans les bars, pour arrondir ses fins de mois, des chansons des Mamas And Papas ou de Radiohead. Elle n’avait jamais chanté ni composé.
Pendant sa convalescence, alors qu’elle est encore condamnée à l’alitement, elle apprend la guitare (pas pratique de jouer du piano allongée), écrit des chansons et les interprète. Elle est devenue chanteuse. “C’est comme si l’accident avait modifié quelque chose dans mon cerveau”, dit-elle aujourd’hui, en affirmant qu’elle n’aurait jamais chanté sinon.
Blonde, très élégante, Melody Gardot arrive à l’interview nimbée d’un halo de mystère, s’aidant de sa fidèle canne, le regard caché derrière d’indispensables lunettes noires. Ce n’est pas pour faire dandy, mais à cause des séquelles de l’accident. Elle a 23 ans, mais semble sortir d’un film d’Hitchcock. Sueurs froides, dont on préférera le titre original, Vertigo. Parce que du vertige, elle en a mis partout dans My One and Only Thrill, son éblouissant deuxième album.
Pour les amateurs de classifications, de discothèques trop bien rangées, Melody Gardot est une chanteuse de jazz-folk, dont le premier album à succès, Worrisome Heart, sorti il y a un an, avait trouvé sa place entre les meilleurs disques de Joni Mitchell et de Norah Jones. Mais pour les amateurs de grands frissons, de disques qui auraient le pouvoir de hérisser le poil sur les bras d’un manchot, Melody Gardot est aujourd’hui la meilleure.
Des disques de chanteuses compétentes, on en entend beaucoup. Des interprètes virtuoses, qui abordent la musique comme un exercice de style, s’entourent d’excellents musiciens, sortent un jour des albums de reprises et sourient quand le public applaudit après le solo de piano. Melody Gardot, elle, est ailleurs, au coeur de la chanson plutôt qu’à sa surface.
Comme la Cat Power de la grande époque, ou Lhasa (que son dernier album place tout près de Melody Gardot sur le podium de la musique à la fois douce et forte en émotion), elle semble jouer sa vie avant de jouer du jazz, ou du folk. “Je ne me vois pas comme une chanteuse de jazz. J’aime le jazz, bien sûr, mais je suis aussi amoureuse de la musique brésilienne, italienne, classique. Ce que je cherche, c’est la simplicité qui rend chaque note importante, et la profondeur des sentiments exprimés. Pendant l’enregistrement et le mixage du disque, j’ai beaucoup pleuré, et l’ingénieur du son aussi. Ce n’était pas triste, mais vraiment beau, parce que je me révélais.”
Elle est allée très loin, plus loin, Over the Rainbow, la seule reprise qu’elle s’autorise sur My One and Only Thrill, vieille scie scintillante et septuagénaire qu’elle chante comme si elle l’avait écrite elle-même. “Un jour, j’ai commencé à écrire une chanson que je trouvais très belle. Puis j’ai réalisé qu’elle existait déjà, c’était Over the Rainbow, que j’ai beaucoup écoutée quand j’étais petite, parce que je regardais Le Magicien d’Oz avec ma grand-mère.” Dans l’album, l’arc-en-ciel est un majestueux rideau de cordes en mouvement, arrangées par Vince Mendoza comme dans un vieux disque de Sinatra, ou dans une BO de Bernard Herrmann. L’emballage musical est somptueusement rétro, mais l’émotion, elle, est pure, intemporelle.
Quand elle était petite, Melody Gardot rêvait d’être astronaute. Elle a déjà trouvé le secret de l’apesanteur vocale. Sa voix est terriblement féline, passant du miaulement de désespoir au ronronnement feutré d’un petit scat funambule, qui n’appartient qu’à elle. Et c’est normal : ses chansons, elle les a écrites pour son chat. “Aujourd’hui, je n’ai pas de chez-moi, je suis une Gitane. Mais quand je vivais à Philadelphie pour écrire l’album, j’avais une chambre avec un piano, un lit et mon chat Maestro. Quand la musique était bonne, Maestro sautait s’asseoir à côté de moi. Quand la chanson était mauvaise, il restait à l’autre bout de la pièce. C’est lui qui a choisi les chansons.” Bon chat, Maestro.
Album My One and Only Thrill (Verve/Universal)
Concert Le 13 mai à Paris (Alhambra)
www.myspace.com/melody

les inrocks

mercredi 6 mai 2009

QUI A COUPE L'OREILLE DE VAN GOGH ?


La fameuse oreille coupée de Van Gogh aurait été tranchée par un autre artiste, et pas par le peintre lui-même. C’est en tout cas ce qu’affirment les auteurs d’un nouvel ouvrage sur Van Gogh, qui accusent Gauguin, donc.
Créé le 05 mai 2009- par Marie PortolanoAjouter un commentaire Agrandir la taille du texte Réduire la taille du texte Imprimer Envoyer à un ami
C’était visiblement un acte de mutilation. Un acte qui laissait transparaître la déficience de la santé mentale du peintre. Le 24 décembre 1888, dans sa maison d’Arles, Vincent Van Gogh se serait coupé l’oreille gauche à l’aide d’une lame de rasoir. En tout cas, c’est ce qu’on croyait depuis plus de 120 ans. Aujourd’hui, cette théorie est remise en cause par deux universitaires allemands, Hans Kaufmann et Rita Wildegans dans un ouvrage sur l'artiste.
392 pages entièrement consacrées au peintre hollandais et à cette nuit particulière, où Vincent Van Gogh, animé par une crise de folie, se tranche l’oreille, l’enveloppe dans du papier journal et se recouche, ensanglanté.
Selon les deux auteurs, Paul Gauguin serait directement lié à cette fameuse oreille coupée. C’est à la suite d’une nouvelle dispute entre les deux peintres – qui ne partagent pas le même avis sur l’exercice de l’art - que Vincent Van Gogh aurait perdu son lobe. Mieux, Gauguin la lui aurait coupé. L’indice, selon les auteurs : Gauguin, étant précipitamment reparti pour Paris le lendemain du drame, excellait dans l’escrime et le maniement d’armes civiles. Van Gogh, prostré, n’aurait rien dit à la police, dans le but de protéger son ami.
Les deux peintres, qui entretenaient une relation conflictuelle, d’amitié profonde empreinte de rivalité, ne se seraient jamais revus après cet épisode. Vincent Van Gogh s’est suicidé, sept mois plus tard.
La théorie des historiens allemands sera soutenue le 17 mai à Bâle, à l’occasion d’une exposition consacrée au peintre hollandais.

lesinrocks.com

mardi 5 mai 2009

LORCA ET DALI IN LOVE, DANS LITTLE ASHES !


Les spectateurs espagnols, américains et anglais pourront découvrir « Little Ashes » le 8 mai prochain. Les autres devront encore attendre. Aucune date n'est pour l'instant prévue en France pour découvrir ce film qui raconte l'histoire d'amour entre l'artiste Salvador Dalí et le poète Federico García Lorca.
En attendant cette date de sortie inconnue, voici un nouvel extrait du film qui vient de faire son apparition sur internet, qui montre les acteurs Javier Beltrán (Federico García Lorca) et Robert Pattinson (Salvador Dalí) dans une scène... humide ! ;-)



gayclic.com

lundi 4 mai 2009

VENTE AUX ENCHERES DES SOUVENIRS DU COUPLE MARAIS COCTEAU !


Un mois après la vente de la collecteau Yves Saint Laurent/Pierre Bergé, c'est un autre grand couple homosexuel qui a été célébré à travers une vente aux enchères à Paris: celui de Jean Marais et Jean Cocteau.
Les souvenirs de Jean Marais (1913-1998), sa correspondance amoureuse avec l'écrivain Jean Cocteau, des toiles du poète ou des objets personnels de l'acteur se sont arrachés lundi 27 avril aux enchères à Drouot, l'ensemble des lots vendus triplant leur estimation initiale, selon la maison d'enchères.
Les quelque 500 pièces proposées, d'un montant global estimé autour de 600.000 euros, ont été toutes vendues, atteignant les 2 millions d'euros (avec frais), a annoncé l'étude Fraysse et Associés.
Les tableaux, sculptures ou objets d'art provenaient de l'appartement de Montmartre et la maison de Vallauris de Jean Marais, acteur, sculpteur et longtemps compagnon de Cocteau, qui avait toujours conservé ces objets dans ses différentes demeures.
240.000 euros pour leur correspondance amoureuse
Leur correspondance, un ensemble de 600 lettres datées de 1937 à 1963, a été le lot vendu le plus cher, adjugé 240.000 euros (sans frais). Elle a été acquise par Alexandre Allard, le propriétaire de l'hôtel Royal Monceau, selon qui Cocteau «avait tissé des liens avec cet hôtel», d'après la maison de ventes.
Dans une salle trop petite, devant un public de quelque 800 personnes, de nombreux lots ont été âprement disputés par 200 enchérisseurs sur place et plus d'une centaine au téléphone, dont des personnalités anonymes liées au monde du cinéma ou des collectionneurs européens ou américains, amateurs d'art ou de cinéma.
Peintures, scupture, dessins, photos…
Un tableau de Cocteau, Les bergers d'Arcadie, estimé 3.000-5.000 euros, a été vendu (hors frais) 32.000 euros, un autoportrait du poète (illustration) 35.000 euros, une de ses sculptures, un cerf noir, 200.000 euros.
Un dessin de Picasso représentant Jean Cocteau jeune, daté de 1916, a été vendu 45.000 euros, un lot de photographies du film La Belle et la Bête, estimé 60-80 euros, 7.200 euros.
Une montre de Jean Marais a été emportée pour 7.000 euros et des boutons de manchettes, estimées 1.000-2.000, pour 9.200 euros.
Les estimations de départ allaient de 30 à 60.000 euros afin que chacun puisse emporter un souvenir du célèbre acteur, selon le commissaire-priseur Vincent Fraysse.
Se disputant la moindre chaise, les curieux débordaient dans la salle des pas-perdus du premier étage où le mobilier de jardin de la maison de Jean Marais à Vallauris avait été entreposé faute de place.
A noter que l'exposition sur Jean Marais au musée de Montmartre, à Paris, se poursuit jusqu'au 3 mai. Voir ici.

tetu.com